Une floraison blanche très parfumée
À la fin du printemps et au début de l’été, le Seringat de Lemoine se couvre de nombreuses fleurs blanches regroupées le long des rameaux.
Leur apparence est simple et naturelle, mais c’est surtout leur parfum qui fait la réputation de cet arbuste.
Par temps doux, il peut embaumer plusieurs mètres autour de lui.
Un parfum qui rappelle la fleur d’oranger
Le parfum du seringat est traditionnellement comparé à celui de la fleur d’oranger.
Il est doux, floral et suffisamment présent pour être apprécié sans avoir besoin de s’approcher directement des fleurs.
C’est pourquoi l’emplacement mérite d’être choisi avec soin : près d’un passage ou d’un endroit où l’on s’installe régulièrement, son intérêt est encore plus grand.
Plutôt que de reléguer le seringat au fond du jardin, installez-le près d’une terrasse, d’une entrée, d’un banc ou d’une allée. Pendant quelques semaines, son parfum fera réellement partie du jardin.
Floraison
La floraison intervient généralement en mai-juin, avec des variations selon le climat, l’altitude et les conditions de l’année.
Elle se développe sur les rameaux formés précédemment.
Cette particularité est importante pour la taille : une intervention trop sévère en hiver ou au début du printemps supprimerait une grande partie du bois destiné à fleurir.
Port & développement
Le Philadelphus × lemoinei forme un arbuste dense et ramifié, avec des branches qui prennent progressivement un port légèrement arqué.
Il atteint généralement autour de 1,5 à 2 m de hauteur, avec une largeur pouvant être assez proche.
Son développement reste plus facile à intégrer dans un jardin de taille moyenne que celui de certains grands seringats pouvant devenir beaucoup plus imposants.
Quelle distance de plantation ?
Pour lui permettre de développer naturellement son port, prévoyez environ 1 à 1,5 m entre les plantes.
Dans une haie fleurie libre, cet espacement permet aux différents arbustes de se rejoindre progressivement sans être immédiatement trop serrés.
Où l’utiliser au jardin ?
Le Seringat de Lemoine convient particulièrement :
- dans un massif d’arbustes,
- dans une haie fleurie libre,
- près d’une terrasse,
- près d’une entrée ou d’une allée,
- en isolé dans un petit jardin,
- dans un jardin de style champêtre ou naturel.
Exposition
Le seringat pousse au soleil comme à la mi-ombre.
Une situation suffisamment lumineuse favorise cependant une floraison plus généreuse.
Dans les régions très chaudes et sèches, une légère protection contre le soleil brûlant de l’après-midi peut être intéressante, particulièrement lorsque le sol sèche rapidement.
Quel sol lui convient ?
Philadelphus × lemoinei est relativement accommodant.
Il apprécie une terre profonde, fertile, humifère et bien drainée, qui conserve un peu de fraîcheur pendant la période de croissance.
Il n’a cependant pas besoin d’un sol constamment humide et supporte une certaine sécheresse une fois bien établi.
Et dans un terrain calcaire ?
Le seringat s’adapte bien aux sols calcaires.
Dans une terre très pierreuse et pauvre, incorporez du compost bien mûr lors de la plantation afin d’améliorer la structure du sol et sa capacité à retenir un peu d’humidité.
Le calcaire sera généralement moins problématique que la combinaison d’un terrain très pauvre et d’une sécheresse prolongée.
Plantation
Ameublissez largement la terre afin que les jeunes racines puissent rapidement explorer le terrain.
Installez la motte avec le collet au niveau du sol puis rebouchez avec la terre ameublie.
Arrosez abondamment après la plantation.
Un paillage organique est particulièrement utile pendant les premières années pour conserver davantage de fraîcheur autour des racines.
Arrosage
Les jeunes plantations demandent des arrosages réguliers pendant leur installation.
Privilégiez des arrosages copieux et espacés, qui humidifient réellement la terre en profondeur.
Une fois bien enraciné, le seringat devient plus autonome.
Lors des longues périodes sèches, quelques arrosages profonds permettront néanmoins de conserver un feuillage plus beau et de préparer une bonne croissance.
Quand faut-il tailler ?
C’est un point important : le seringat doit être taillé après la floraison, et non sévèrement à la fin de l’hiver.
Les fleurs apparaissent sur les rameaux formés précédemment. Une taille hivernale importante supprimerait donc une partie de la future floraison.
Attendez que les fleurs soient fanées avant d’intervenir.
Le seringat fleurit sur le bois formé l’année précédente. Si une taille est nécessaire, faites-la juste après la floraison afin de laisser à l’arbuste le temps de produire les rameaux qui fleuriront l’année suivante.
Comment le tailler ?
Il n’est pas nécessaire de raccourcir systématiquement toutes les branches chaque année.
Sur un jeune arbuste, contentez-vous principalement d’enlever le bois mort et les rameaux mal placés.
Lorsque la plante devient plus âgée et trop dense, supprimez après la floraison quelques-unes des branches les plus anciennes directement à leur base.
Cette taille de renouvellement permet à de nouvelles pousses vigoureuses de se développer sans transformer l’arbuste en boule compacte.
Faut-il couper toutes les fleurs fanées ?
Ce n’est pas indispensable.
Le seringat ne demande pas le même nettoyage qu’un rosier remontant.
Profitez simplement de la période qui suit la floraison pour effectuer, si nécessaire, la taille d’entretien et supprimer quelques rameaux devenus trop longs.
Fertilisation
Le seringat n’est pas particulièrement exigeant.
Un apport de compost bien mûr au printemps suffit généralement dans une terre de jardin normale.
Évitez les fertilisations trop riches en azote, qui favoriseraient une végétation très vigoureuse sans nécessairement améliorer la floraison.
Rusticité
Philadelphus × lemoinei possède une excellente résistance au froid.
Une fois installé en pleine terre, il ne nécessite généralement aucune protection hivernale particulière en Suisse romande.
Cette bonne rusticité en fait un arbuste fiable, y compris dans les jardins où les températures hivernales peuvent descendre nettement sous zéro.
Culture en pot
Une culture en grand contenant est possible, notamment lorsque l’on souhaite profiter du parfum sur une terrasse.
Choisissez un pot volumineux et suffisamment profond, avec un bon drainage.
La surveillance de l’arrosage sera plus importante qu’en pleine terre, surtout pendant l’été.
À long terme, la pleine terre reste toutefois préférable pour permettre à l’arbuste de développer naturellement son système racinaire.
Avec quelles plantes l’associer ?
La floraison blanche du seringat s’associe très facilement avec :
- rosiers roses, rouges ou pourpres,
- Syringa,
- Weigela,
- Deutzia,
- Viburnum,
- Nepeta et Salvia au premier plan,
- Geranium vivaces,
- graminées ornementales.
Dans une haie fleurie, l’idéal est de l’associer à des arbustes dont les périodes de floraison se succèdent afin de conserver de l’intérêt pendant plusieurs mois.
Une belle idée pour une haie fleurie
Le seringat est particulièrement intéressant dans une haie libre composée de plusieurs espèces.
Il apporte sa floraison blanche parfumée à la fin du printemps, tandis que d’autres arbustes peuvent prendre le relais avant ou après lui.
Contrairement à une haie régulièrement taillée au cordeau, une conduite libre permet également de conserver beaucoup plus de fleurs.
Un arbuste à placer près de la maison
Lorsque l’on choisit un seringat, il serait dommage de ne penser qu’à son aspect visuel.
Son parfum constitue une véritable partie de son intérêt.
Une plantation près d’une terrasse ou d’une fenêtre régulièrement ouverte permet de profiter pleinement de sa floraison pendant les belles journées de fin de printemps.
Le secret pour conserver un seringat généreusement fleuri est de ne pas le tailler au mauvais moment. Si vous devez réduire son volume, intervenez juste après la floraison et supprimez de préférence quelques vieilles branches à leur base plutôt que de raccourcir systématiquement tout l’arbuste. Vous conserverez ainsi un port naturel et préparerez déjà la floraison de l’année suivante.
Conseil pour la Suisse romande
Le Philadelphus × lemoinei est parfaitement adapté à la Suisse romande et sa rusticité ne pose généralement aucun problème. En Valais, l’attention doit plutôt se porter sur la sécheresse estivale, notamment dans les terrains très pierreux et rapidement desséchants. Un apport de compost à la plantation, un paillage organique et quelques arrosages profonds pendant les premières années favoriseront un bon enracinement. Le calcaire est généralement bien toléré. Dans les situations très chaudes, un emplacement bénéficiant d’un peu d’ombre en fin de journée permettra de conserver plus facilement la fraîcheur du sol et du feuillage.